Cérémonie du 12 janvier 2019

Le « cercueil » a été préparé le 11 janvier à la Chambre Mortuaire du CHRU de Lille. Les corps des enfants mort-nés ont été déposés dans le cercueil. Chacun a été enveloppé dans un drap blanc, et accompagné des doudous, fleurs et peluches confiés par leurs parents et leurs proches.
La crémation a eu lieu le 11 janvier 2019 au crématorium d’HERLIES.

Ce samedi 12 janvier au matin, 93 personnes se sont réunies au crématorium d’Herlies pour la cérémonie organisée par l’association Nos Tout-Petits et le crématorium communautaire, en hommage aux tout-petits dont les corps avaient fait l’objet d’une crémation.
La salle de cérémonie avait été gracieusement mise à notre disposition par la Communauté Urbaine de LILLE.

Les bénévoles avaient préparé une table sur laquelle était installée une grosse bougie allumée représentant la place singulière qu’a chaque tout-petit pour nous.

Maryse, vice-présidente, a pris la parole pour débuter cette rencontre :
« Nous sommes réunis, ce samedi 12 janvier 2019, pour célébrer ensemble une cérémonie d’adieu à l’intention de 49 tout-petits dont les corps ont fait l’objet vendredi 11 janvier dernier d’une crémation.
Les bénévoles d’accompagnement de l’association Nos Tout-Petits : Caroline, Hélène, Lucile et Ingrid, elles-mêmes parents endeuillés, les professionnels du crématorium d’Herlies vous accompagnent, vous parents et proches de ces tout-petits, pour leur ultime passage : Alix, Aloïs, Arthur, Arthur, Ayélé, Gabriel, Gaspard, Henri, Nohan, Sasha, Mariam, Gaston, Pablo, Noémie, Ruth et tous les autres qui n’ont pu être prénommés et en pensées avec Lilou, Victor, Victorine, Gabrielle, tout-petits des bénévoles présents ».

« A vous, nos tout-petits,
Vous qui n’avez pas vécu et qui n’avez pas connu notre monde
Pour votre dernier adieu,
Nous nous sommes déplacés pour vous accompagner.
Nous avons pris soin de vous, chacun de notre place et à notre manière
Vous êtes partis entourés des objets (peluches, photos, mot d’amour, doudous, rose blanche…) remis par vos parents et vos proches et déposés près de vous
Nous sommes là pour vous dire adieu, au nom de notre commune humanité
Pour que vos départs s’inscrivent dans nos vies,
Chacun vous avez une place unique, singulière, particulière dans nos cœurs,
Symbolisée par ces petites lumières. »

 

Lucile, bénévole, a ensuite lu le texte « Tu ne verras jamais le soleil » (Anonyme)

Tu as été envoyé pour être bercé dans nos bras
Mais tu es né trop petit pour vivre aujourd’hui
Tes mains, pieds et oreilles étaient pourtant si parfaits
Maman et papa ont partagé leurs rêves
Nous t’avons pris dans nos bras, notre tout petit
Pour comprendre que nos rêves se sont envolés
Tu ne pourras jamais sentir les fleurs, ni entendre la pluie
Tu ne pourras jamais chasser les papillons ni rire aux éclats
Tu ne verras jamais le soleil
Au revoir, notre tout petit

 

Puis ce fut la chanson « Les mains vides » de Lynda Lemay

 

Le texte « Toi » de P. E. Thomèse, extrait de « L’enfant Ombre », a été lu par Ingrid

Toi, tu étais le meilleur autre que j’eusse pu souhaiter.
Je n’avais plus besoin de t’imaginer, je t’avais toi.
Les plus belles vies t’attendaient, prêtes à porter.
Je te les avais préparées moi-même,
dans l’espoir qu’un jour elles seraient à ta taille.
Il fallait bien que je t’imagine.
Je continue à t’imaginer, je n’y peux rien,
Je ne peux tout de même pas cesser d’un coup de penser à toi ?
Je pense à toi, je te pense.
Tu es restée trop jeune pour pouvoir jamais t’éloigner de moi
 et t’inventer toi- même.
Jamais tu ne pourras te libérer de mes pensées.
 Je te sais pour toujours ici,
 dans les coulisses de notre théâtre familial. 

 

Sur une musique de Johnny Cash « Hurt », chaque parent a été invité à venir chercher un lumignon et à l’allumer à la flamme de la bougie qui symbolise cette place singulière qu’a chaque tout-petit pour nous. Ensemble, nous nous sommes recueillis autour de cette présence, sur la musique de Thaïs Massenet « Méditation ».

Chacun des 49 bébés était représenté par un lumignon.

 

A été lu ensuite le texte « Lettre d’une maman et d’un papa à leurs deux fils », lu par Mélanie, leur maman :

Arthur, Gaspard,
Mes bonhommes, comme j’ai plaisir à vous appeler, vous avez fait de nous vos parents, un papa et une maman.
Vous êtes et resterez à jamais nos fils.
Nous sommes aujourd’hui une famille comme votre père me l’a si bien dit après votre naissance.
Même si la vie nous a séparé beaucoup trop tôt, je n’oublierai jamais le bonheur que cela a été de vous sentir vivre et grandir en moi.
La joie, le bonheur et l’émerveillement que nous avons ressenti à chaque moment partagé avec vous.
Cette joie et ce bonheur, nous l’avons partagé également avec nos proches, famille et amis.
Et ils sont présents autour de nous pour nous aider, nous soutenir, aujourd’hui.
Le chemin va être long pour apprendre à vivre sans vous, ne pas vous voir grandir, rire, vivre, tout simplement.
Mais je vous fais la promesse que de cette épreuve qui nous a séparé, nous allons, votre papa et moi, faire notre possible pour rebondir et être le plus heureux possible.
Vous êtes et resterez nos bonhommes, nos petites étoiles, source de bonheur et d’espoir pour aujourd’hui et demain.
Votre papa et votre maman qui vous aiment.

 

Puis le texte écrit par les parents d’Aloïs a été lu par un membre de la famille :

Aloïs, ces quelques mots pour te dire que tu nous manque…
Demain il y aura 3 mois… 3 mois de vide, 3 mois de tristesse, de larmes, 3 mois que la vie nous a pris ce que l’on désirait tant.
On a passé des mois à t’imaginer, à imaginer ce que l’on allait vivre de plus beau mais c’est sans un cri que tu es venu.
On n’oubliera jamais tes petites mains, tes petits pieds et ton doux visage endormi à tout jamais.
Nous te remercions d’avoir fait de nous des parents, une famille… différente des autres certes, mais tu resteras notre premier enfant, notre fils.
Nous avons une énorme pensée pour tous les petits anges partis avec toi aujourd’hui. Victor Hugo a dit « Tu n’es plus là où tu étais mais tu es partout là où je suis ».
Papa et maman qui t’aimons infiniment »

 

 S’en est suivie la lecture de « Dans mon petit cœur »,d’Orianne Lallemand, par Caroline :

L’amour, c’est un visage
Qu’on garde au fond du cœur,
Une voix familière
Dans le creux de l’oreille,
Quelqu’un qu’on a aimé,
Quelqu’un qui est parti
Pour le ciel, loin d’ici
C’est quelqu’un qui nous manque
A chaque heure de la vie.
L’amour, c’est se souvenir
De cette personne aimée
Et se dire qu’elle est là,
Pas très loin, quelque part
Et qu’elle peut nous voir
Et qu’elle veille sur nous
Quand on a le cafard
Ou quand on est heureux.
L’amour, c’est un au revoir,
Et jamais un adieu.

 

Ce fut ensuite la musique de Michel Jonasz « Je t’aimais tellement fort » suivi de la lecture d’Hélène « J’aurais pu » de Sabine.

Après ton départ, j’aurais pu continuer à me lever tous les matins, le chagrin me torturant le ventre, et les larmes me clouant au sol…
J’aurais pu m’enfuir au fin fond du désert et m’y laisser ensevelir…
J’aurais pu tout casser, cracher ma douleur à la face du monde entier, qui ne s’en serait pas trouvé altéré pour autant…
J’aurais pu m’endormir sur ta tombe et laisser le temps s’écouler lentement…
J’ai pensé faire tout cela…
Et puis, j’ai redressé la tête. J’ai cherché la couleur de tes yeux au travers de la couleur de l’Arc-en-ciel ;
J’ai vu la lumière de ton sourire au travers des rayons du soleil ;
J’ai senti la chaleur de ta petite main sur ma joue grâce au vent chaud de l’été soufflant sur mon visage ;
Et j’ai gardé, tout au fond de mon cœur, et pour toujours, ta présence qui me donne cette force d’avancer, de sourire aux miens et à la vie, et de prononcer ton prénom au quotidien.

 

Après une dernière chanson « Aimer ce qui s’enfuit » de Jean-Louis Aubert, les parents et proches, comme geste d’adieu et ultime regard, ont été invités à aller déposer les fleurs à la stèle « Nos Tout-Petits » afin d’inscrire ce moment et ce lieu dans leurs cœurs et leurs mémoires.

 

Devant la stèle, Maryse a lu « Les empreintes des pas des enfants » de Dorine Sexton (in « Grieving the child I never knew »)

Certains enfants ne font qu’un bref passage dans nos vies.
D’autres restent quelques temps.
Tous nos enfants laissent dans nos vies l’empreinte de leurs pas.
Certaines, oh, si petites,
D’autres un peu plus grandes,
D’autres encore plus grandes.
Mais tous laissent l’empreinte de leurs pas dans nos vies,
dans nos cœurs.
Et nous ne serons jamais plus les mêmes.

Nous avons clos cette rencontre par un moment de convivialité.